Single Blog Title

This is a single blog caption

FC Mantois 78 | Révélateur de Talents

Laurent Pommier : «Une forte ambition au niveau de la structure féminine»

Laurent Pommier

Sponsor des différentes sections féminines du FC Mantois, Laurent Pommier est en quelque sorte l’ange-gardien de ces demoiselles. L’entrepreneur, toujours au soutien et conscient des grandes qualités de l’équipe de Division d’honneur, se confie sur ce partenariat très important pour le club qui court depuis trois ans maintenant.

«Pourquoi avoir choisi de devenir sponsor du FC Mantois et plus particulièrement chez les filles ?

Laurent Pommier : Il y avait une particularité dans ce club, à savoir une forte ambition au niveau de la structure féminine en partant relativement bas. Cette évolution rapide m’a engagé puisque je voyais une possibilité d’arriver à un niveau très intéressant pour le club à moyen terme. Il y avait besoin d’équipements dans cette équipe où il est déjà difficile de manager des filles. L’actuel entraîneur pourrait le dire à ma place. C’était pour les aider dans l’aspect aussi sportif que financier.

«Délivrer des primes de match»

Comment ce partenariat a-t-il évolué au fil des années ?

L.P : Il a déjà évolué au niveau de la structure et des résultats. Quand on évolue en Division d’honneur, c’est-à-dire l’élite régionale, il était intéressant d’apporter des survêtements, maillot ou ballons dans l’ensemble des sections féminines. Le projet d’ici deux ans, c’est d’accéder à la deuxième division et après c’est essayer d’aider le club à monter une structure suffisante pour délivrer des primes de match. A moyen terme, si le FC Mantois a la chance et le talent de monter à l’échelon supérieur, ce sera une participation financière destinée à l’élaboration d’un tel système. 

Qu’est ce qui manque à cette équipe première pour passer un cap ?

L.P : Il y a deux choses à savoir sur ce sujet. En terme de football, ayant assisté à certains matches, il s’agit d’une des meilleures du groupe. Le problème de cette équipe, c’est l’assiduité. Il y a très peu des joueuses présentes régulièrement à l’entraînement. C’est relativement difficile d’avoir des filles impliquées au quotidien. Quand on se retrouve à trois ou quatre, on ne peut pas travailler. Pas beaucoup de repères collectifs et ça se joue énormément sur des individualités. Elles sont capables de battre n’importe quel adversaire sur un match. Sur une saison néanmoins, ce manque d’automatisme profite à d’autres équipes moins talentueuses mais plus complètes. Je suis intiment persuadé que, avec la possibilité d’instaurer une « carotte » financière assujettie à une présence régulière aux entraînements, il y aurait une cohésion beaucoup plus importante. Concernant l’accession, c’était la première année. C’était une année de transition. Les filles se sont jaugées en voyant qu’elles n’avaient rien à envier aux deux équipes qui ont disputé les inter-régionaux (ndlr, Tremblay et le CA Paris). On va essayer désormais de se maintenir.

«A ce stade, le football reste avant tout un jeu»

Le système de primes de match pourrait-il être mis en place au sein des autres sections féminines ?

L.P : L’aide financière que j’apporte profite à l’ensemble du club. On parlait à l’instant de la DH mais le but des filles derrière, c’est de pousser au maximum pour évoluer à un haut niveau. L’équipe première est évidemment la locomotive. Si des filles de 12, 13 ou 14 ans peuvent accéder à un très bon niveau de football, c’est quelque chose d’important. Mais à ce stade, le football reste avant tout un jeu.

Le club peut-il espérer garder ses grands talents ?

L.P : Il y a plusieurs filles qui ont le niveau largement supérieur à la DH. Il faut effectivement espérer qu’il n’y ait pas trop de départs en vue de la saison prochaine. En gardant cette ossature et en s’impliquant davantage, je ne vois pas ce qui pourrait nous empêcher de monter en D2. Et pour en avoir discuter à plusieurs reprises avec Kenny, c’est très très particulier d’entraîner des filles. Il faut avoir beaucoup de psychologie, ce n’est pas toujours très simple à gérer. On le voit déjà dans le monde du travail. Sans aucune misogynie de ma part.

«Je ne suis pas le Bernard Tapie des années 90»

En parallèle de l’apport financier, y a-t-il un soutien moral avec des prises de parole face aux joueuses ?

L.P : Non. Je me refuse de parler de technique avec les filles puisqu’il existe des éducateurs en charge des différentes sections. Moi je veux juste leur montrer qu’ils ne sont pas seuls. Malgré un niveau féminin parfois décrié, il y a quand même quelqu’un derrière. Dès ma première licence, prise il y a quarante ans de cela – ça nous rajeunit pas -, je me suis toujours dit que j’aiderais à mon humble niveau si j’en avais les moyens. A l’époque, on payait sa licence ainsi que le lavage des shorts et des chaussettes. Pour répondre à ta question, il y a l’exemple du match face à Juvisy en tout début d’année. L’équipe est menée 2-0 à cinq minutes du coup de sifflet final. Les filles font une fin de match énorme mentalement et marquent trois buts pour l’emporter. Dans les vestiaires, je suis allé les voir pour les féliciter et leur octroyer une prime de match. J’avais été tellement emballé par cet état d’esprit solidaire. C’était le petit plus pour les encourager. A part ce moment-là, il ne faut pas mélanger les genres. Si je dis quelque chose qui diffère des paroles de l’entraîneur, ça pourrait créer de la confusion. Mais pour les encouragements, je suis présent. Je ne suis pas le Bernard Tapie des années 90.

Un mot sur les hommes maintenant. En cas de montée de la CFA, actuellement en bonne position, en National, pourrait-il y avoir aussi un partenariat avec cette équipe ?

L.P : On a beaucoup discuté de cela avec Bernard Kossoko et les différents dirigeants du club. Mon engagement actuel est complètement désintéressé. Ce que je fais et ce que je donne, c’est un peu un « aller sans retour ». S’il devait y avoir un partenariat avec l’équipe première, il faudra regarder la contrepartie. Tout est possible. Mais nous ne sommes plus dans les mêmes montants. Qu’est-ce qui permettrait alors à notre investissement de devenir rentable ? Il ne faut pas se le cacher, rien n’est simple dans le business aujourd’hui. Comme cela se fait beaucoup dans le monde anglo-saxon, il existe tout un système d’honoraires rétrocédés ensuite de manière transparente à travers des marchés publics ou privés. Mais il ne faut pas mettre la charrue avant les bœufs. On est encore loin d’être en National.

Connais-tu des sociétés susceptibles de devenir partenaires du FC Mantois ?

L.P : J’ai des clients qui pourraient être intéressés par ce genre de partenariat. Mais au niveau politique et économique, c’est une autre question. En arrivant dans l’antichambre du professionnalisme, sans les droits télé mais avec toutes les contraintes, on arrive dans des sommes qui atteignent les dizaines de milliers d’euros. Je ne vois personne investir autant sans possibilité de retour. Il y aura des contrats fédéraux à signer, avec des charges sociales et des primes de match. Pour un club de National, le budget minimum se monte à un million d’euros.»

M.T

Menu