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FC Mantois 78 | Révélateur de Talents

« Un joueur, un poste » avec Khalid Souhayli

Khalid Souhayli

Meilleur buteur du club cette saison avec sept réalisations, Khalid Souhayli reste une valeur sûre de l’effectif mantais de par sa grande expérience et ses talents de finisseur. L’attaquant, qui a encore marqué face à Aubervilliers (1-2), analyse cette défaite tout en évoquant son rôle sur le terrain et le choc contre Ivry samedi prochain.

Peux-tu nous rappeler les raisons de ton absence face à Dieppe (0-0) ? Comment te sens-tu aujourd’hui ?

Après le match de Chambly (1-3), j’avais super mal au genou droit. Je n’arrivais pas à marcher. Je n’ai donc pas voulu forcer contre Dieppe. Ça allait un petit peu mieux avant le match d’Aubervilliers. Mais je me suis refait encore un peu mal  et j’espère vraiment que ça va aller pour samedi contre Ivry. J’ai vu le médecin et je vais passer une IRM de contrôle. Mais à mon avis, si j’ai pu jouer contre Aubervilliers, il ne doit pas avoir de problèmes. A moi de me reposer et de me soigner.

Comment juges-tu le match contre Auvervilliers ? Qu’est-ce qui a manqué pour repartir avec la victoire ?

C’est une grosse déception. C’est la dernière ligne droite et on savait qu’il fallait tout donner. On est très déçus. De mon point de vue, je pense qu’ils avaient plus envie que nous et ils ont remporté le combat physique. Et à partir de là, c’était compliqué. Ils ouvrent le score rapidement. Après, à 2-0 à l’extérieur, c’est très difficile de rester dans le match. Même si je pense qu’en deuxième mi temps, on est bien revenu, on a poussé, mais ça n’a malheureusement pas suffit.

« Une tendance à réagir au lieu d’agir »

Comment expliques-tu les deux mi-temps radicalement opposées ?

Franchement, je ne sais pas du tout. C’est incroyable, mais on a tendance à réagir au lieu d’agir. C’est souvent le cas. Parfois, on a réussi à le faire. Mais on pourra pas toujours revenir au score, il faut pas se le cacher. Je pense aussi qu’on s’est dit les choses à la mi temps. On savait qu’on avait pas été bons en première mi temps, et qu’il fallait tout donner en deuxième. Les changements à la mi temps nous ont fait du bien, notamment l’entrée de Tayeb et le passage en 4-4-2. A la reprise, c’était beaucoup mieux. Ils ont gagné la première 2-0, on a gagné la deuxième 1-0. Ça n’a malheureusement pas suffit.

Personnellement, comment t’es-tu senti  ?

J’étais pas dans un bon match. J’avais de sacrés clients avec leurs deux défenseurs centraux et je ne m’étais pas entraîné de la semaine. Donc c’était forcement pas évident pour moi. J’ai essayé de faire ce que je pouvais. Je suis déçu de mon match comme tous les joueurs de l’équipe l’ont été, je pense. Et c’est vraiment dommage parce que les équipes classées au dessus de nous ont été tenues en échec. Et si nous avions gagné, nous aurions pu faire une très bonne opération.

« On a les qualités pour jouer beaucoup plus haut »

En première mi-temps, tu étais très seul devant. Comment expliques-tu que l’équipe ait joué aussi bas ?

Franchement, je ne sais pas pourquoi on joue aussi bas. Contre Sannois, on a joué haut, on les a pressé haut. On a regardé jouer Aubervilliers et on a pas su répondre au défi physique qu’ils nous ont proposé.  C’est vraiment dommage parce qu’on a les qualités pour jouer beaucoup plus haut, aller les chercher et jouer. On se cherche toujours des excuses: les arbitres, les terrains… Faut arrêter!  On a tout simplement pas su répondre au défi physique et commis trop d’erreurs pour pouvoir espérer mieux. Et puis en CFA, quand tu fais des erreurs, tu les paies cash.

Dans ce genre de situation, quand l’équipe subit, quel est ton rôle ? 

A part essayer de garder le ballon pour que le bloc remonte, je ne peux pas faire grand chose. Je dois proposer en appui pour que le bloc avance et qu’on puisse jouer dans le camp adverse. Mais c’est pas évident car je suis souvent en un contre deux, voir un contre trois. Mon rôle c’est aussi de provoquer des fautes pour permettre à l’équipe d’avancer et de jouer dans leur surface (ndrl : il en a subi six dans le match).

Tu as  multiplié les courses et les appels durant la rencontre et tu as été peu servi. Peux-tu nous expliquer l’importance de tes appels, même lorsque tu ne reçois pas le ballon ?

Tu ne peux pas recevoir le ballon à chaque fois que tu fais un appel, c’est impossible. Mais, ça peut créer des espaces pour mes partenaires, pour des milieux qui peuvent s’infiltrer dans la défense ou des joueurs extérieurs qui peuvent rentrer. Pour un défenseur, c’est toujours plus compliqué de contrôler un joueur qui multiplie  les appels plutôt qu’un attaquant statique qui joue dos au but. Donc, à moi de leur compliquer la tâche et de les fatiguer. Il est vraiment important de créer du mouvement pour libérer des espaces. Après, c’est sûr que quand tu fais 5 appels et que le ballon ne vient pas, c’est pas évident. Mais faut se dire qu’un appel sert toujours à quelque chose, même si tu ne reçois pas le ballon.

« Je dois faire mieux »

Tu as gagné sept des douze duels que tu as provoqué, souvent dans des zones en infériorité numérique. Penses-tu que c’est un bon ratio ?

Je sais que je peux faire mieux et que je dois faire mieux. Mais, il faut aussi reconnaître que j’avais deux très bons clients en face. Je ne veux pas me chercher d’excuses, du fait que j’ai été un peu diminué à cause de ma blessure, mais ça a aussi joué. J’avais pas travaillé de la semaine et c’était compliqué pour moi.

Comment expliques-tu le manque d’efficacité de l’équipe en ce moment ?

On est pas assez tranchant. On manque d’agressivité défensive et offensive. Et tant qu’on ne sera pas efficaces dans les deux surfaces, défensivement ou offensivement, ce sera compliqué de gagner. C’est dommage, parce que le groupe a vraiment de la qualité, mais on n’arrive pas à avoir cet état d’esprit de tueur. Et moi le premier, parce que en tant qu’attaquant, je suis le premier concerné. A nous de continuer de travailler et de nous donner les moyens de progresser, et je suis sûr qu’on trouvera des solutions. Mais ça passera uniquement par le travail. Le plus important est d’en prendre conscience, et de bosser pour gommer ce problème !

Peux-tu nous parler de ton poste et de ton rôle sur le plan offensif  ? 

Quand l’équipe a le ballon, je dois essayer de créer du mouvement et être disponible pour recevoir le ballon. Je dois me mettre dans une zone du terrain, où ils pourront me trouver pour faire remonter le bloc. Mais aussi, faire des appels dans la profondeur pour créer des espaces pour mes partenaires et étirer leur défense. Je peux aussi décrocher même si Robert préférerait que je reste vraiment devant pour que l’équipe ait toujours au moins une solution en appui. Mais j’aime toucher le ballon, et ne toucher que cinq à dix ballons par match ça m’énerverait. J’aime participer au jeu et faire des enchaînements. C’est pourquoi j’ai tendance à décrocher quelque fois.

« Avec un peu plus de travail… »

Sur le plan défensif, qu’en est-il ?

Quand l’équipe n’a pas le ballon, je suis le premier défenseur, parce qu’il faut pas oublier que l’attaquant est le premier défenseur. C’est souvent à moi de lancer le pressing, et de montrer l’exemple. Tout le monde doit être concerné par la récupération du ballon et pas seulement les joueurs défensifs. Quand je suis seul devant, j’essaye de me mettre entre les deux défenseurs centraux afin de les empêcher de jouer entre eux. Et quand un des deux axiaux a le ballon, je me dois de le presser pour le mettre sous pression et qu’il dégage. Il est très important que je reste bien dans l’axe et que je n’aille pas trop défendre sur les côtés car une fois qu’on a récupéré le ballon, je dois être capable de proposer rapidement une solution en appui ou en profondeur. C’est ce que le staff me demande et ce que j’essaye de faire.

Quelles sont tes principales qualités et tes faiblesses ?

Pas facile ! Mon défaut, c’est que je ne suis pas rapide. Ou alors, je l’ai été mais je le suis plus (rire). Ma qualité, j’essaye de marquer des buts. J’essaye d’être un buteur et je travaille tous les jours pour ça. J’aime marquer des buts. Je sais pas si c’est une qualité…

 Quelques conseils pour les jeunes joueurs mantais voulant jouer au poste d’attaquant : quelles sont les qualités nécessaires ?

Tout d’abord, le travail. On n’a jamais rien sans rien. Je vais peut être abuser, mais quand tu vois que Ronaldo reste deux heures après ses séances, c’est vraiment qu’aujourd’hui il n’y a que le travail qui paye. Si demain, tu veux être un grand attaquant, c’est le travail et le sérieux qui t’y emmèneront. Dans notre groupe, on a beaucoup de très bons jeunes joueurs. Avec un peu plus de travail, ils pourraient vraiment aller loin mais ils n’en font pas assez. C’est dommage parce qu’ils ont vraiment un bon potentiel mais ils ne l’exploitent pas assez. Ils ne sont peut être pas assez sérieux ou alors ils ne se prennent pas assez au sérieux. C’est ce qui leur fera défaut.

« On essayera toujours de titiller les premiers rôles »

Ne faut-il pas être un peu égoïste lorsqu’on est attaquant ?

C’est sûr qu’il faut être un peu égoïste (rires). Mais il y a un juste milieu à trouver parce que le football est avant tout un sport collectif. Après, quand on est dans la surface, il faut être égoïste pour savoir saisir sa chance.

Pour la fin de saison, quels sont tes objectifs sur le plan collectif ?

Sur un plan collectif, on va dire le maintien. Mais on va pas se mentir, tant que ça sera pas joué mathématiquement, on essayera toujours de titiller les premiers rôles. Ce week end on sait qu’on a un match très important contre Ivry. Ils sont certes à neuf points, mais avec un match en plus. Donc si on gagne face à eux, on peut se relancer. Mais j’ai remarqué qu’à chaque fois qu’on a eu un match important, un match charnière, on n’a jamais su répondre présent.

C’est peut-être la pression, non ?

Franchement si on avait la réponse !  Si encore une fois ce week-end, on n’y arrive pas, il faudra peut être arrêter de parler de « matchs importants » !

« Mes objectifs personnels sont liés à ceux de l’équipe »

Elle est encore dans un coin de la tête, la montée ?

Mathématiquement c’est possible, pourquoi n’y penserait-on pas ? Je n’ai pas envie de finir la saison à jouer les matchs pour du beurre. Il reste neuf matchs. On va tout donner. Et après on verra. Ça va tellement vite dans le football. On en saura plus après ce week-end.

Quels sont tes objectifs personnels ?

Franchement, mes objectifs personnels sont liés à ceux de l’équipe. Je veux être bon sur le terrain et marquer des buts. C’est comme ça qu’on aura plus de chance de gagner des matchs.

Dans quel système te sens-tu le plus à l’aise ?

Peu importe le système. Ce qui compte, c’est l’animation que nous mettons à l’intérieur. Tu peux jouer en 4-4-2 ou en 4-3-3, ce qui va être important, c’est ce que l’on y met dedans. Si il y’a du mouvement et si ça joue au ballon, on peut être performant dans n’importe quel système. Contre Sannois, on a joué en 4-3-3, et il y avait du mouvement et on a joué au ballon. Et contre Aubervilliers, dans le même système, c’était très compliqué. Et dès qu’on est passé en 4-4-2, ça a tout de suite été mieux.

Focus sur les statistiques de Khalid Souhayli face à Aubervilliers : 

Ballons joués : 35Passes réussies : 19/23 – Pertes de balle : 3 – Duels gagnés : 7/12 – Tirs cadrés / Tirs tentés : 1/2 – But : 1 – Hors jeu : 2 – Fautes subies : 6 – Fautes commises : 2

 

Propos recueillis par Pierre Demaiziere (avec M.T)

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