Single Blog Title

This is a single blog caption

FC Mantois 78 | Révélateur de Talents

« Un joueur, un poste » avec Oumar N’Diaye

Crédit : maurifoot.net

Crédit : maurifoot.net

Pilier de la défense mantaise, Oumar N’Diaye a encore fait un très bon match il y a quatre jours contre Ivry (0-0). L’international mauritanien a permis au FC Mantois, de ne pas encaisser de buts à Aimé Bergeal pour la deuxième fois consécutive. L’ancien joueur de Vannes analyse ce match nul tout en évoquant son rôle sur le terrain et ses objectifs pour l’équipe. Première partie (1/2).

Comment juges-tu le match de samedi et le résultat ? Qu’est ce qui vous a manqué pour pouvoir gagner ?

Toute la semaine, on avait préparé ce match en se disant qu’on jouait le leader du championnat et qu’il fallait qu’on démontre qu’on pouvait rester en haut. On avait donc décidé d’attaquer ce match vraiment très haut, de leur mettre une grande pression et de prendre le jeu à notre compte. On voulait vraiment montrer qu’on était chez nous et qu’on avait envie de faire un résultat. On a fait une très bonne entame de match, on récupérait les ballons très haut et on gagnait les duels. On a vraiment réussi à appliquer ce qu’on avait mis en place toute la semaine. Malheureusement, au final, ce 0-0 est un très bon résultat pour eux, et ça fait pas nos affaires. Ce qui nous a manqué, je pense que c’est un peu de réussite dans les derniers gestes parce qu’on a vraiment mis tous les ingrédients : on a mis l’agressivité dans le bon sens du terme, on a joué au ballon malgré un terrain difficile, on a réussi à se procurer des occasions. Malheureusement pour nous, ils ont eu beaucoup de réussite, et sur ce que j’ai vu d’Ivry cette année, ils en ont depuis le début de la saison et pas seulement sur ce match. Collectivement, on ne doit pas avoir de regrets sur ce match, parce qu’on a vraiment fait ce qu’il fallait. Et je suis convaincu que si on attaque tous les matchs comme celui-la, on aura pas de regrets en fin de saison.

« On attaque ensemble et on défend ensemble »

Personnellement, comment t’es-tu senti ? 

Déjà, j’ai joué beaucoup plus haut que d’habitude. Par rapport à mes derniers matchs,  j’ai eu un jeu beaucoup plus direct. Généralement, j’ai un jeu à relancer un peu plus court, et j’ai été formé comme ça. Mais la, on avait vraiment décidé de leur mettre une grande pression. Donc, en tant que défenseurs, notre  consigne était d’essayer de trouver les attaquants le plus rapidement possible pour avoir des situations dans leur zone. Par rapport à d’habitude, je pense que j’ai beaucoup plus joué des ballons directs vers les attaquants, au sol ou en l’air. Je pense que c’est aussi le rôle d’un défenseur, il doit varier son jeu. Il y a des moments où on doit jouer court, et il y en a d’autres où faut jouer plus long, plus direct. A nous d’opter pour la bonne solution en fonction de l’adversaire, du jeu, du placement tactique des uns et des autres. Je trouve que la consigne de Robert était bonne, il fallait vraiment jouer direct sur les attaquants. Ça leur a posé de gros problèmes, je pense.

On t’a souvent vu prendre le dessus sur l’attaquant d’Ivry puisque tu as gagné sept de tes huit duels. Peux tu nous expliquer ton rôle sur les longs ballons ?

Je pense que le jeu aérien doit être la qualité numéro une d’un défenseur central. A tous les niveaux, que ce soit au niveau professionnel ou au niveau amateur, si le défenseur central n’a pas un jeu de tête performant, ça va être difficile pour lui. Après, il y a des exceptions, comme on peut le voir au Barca avec Mascherano qui mesure 1m70, et qui gagne pas souvent les duels de la tête. Mais c’est une équipe qui a tellement la possession de la balle que c’est pas très grave … Pour moi, pour un défenseur central, sa qualité première doit être son jeu de tête, et être présent sur les duels aériens et les duels au sol. Personnellement, je sais que c’est une de mes forces, comme pour Médoune. Robert avait insisté sur les duels aériens, parce qu’on savait que l’attaquant d’Ivry était assez chiant, très costaud et ne lâchait pas l’affaire. D’ailleurs, moi je m’en suis rendu compte parce qu’il a arraché mon maillot (rires). On s’attendait à ça, et Robert savait que dans les duels aériens, on allait être présent. Mais il nous a demandé de mettre vraiment beaucoup d’agressivité pour repartir bien vers l’avant, et vraiment montrer à l’adversaire qu’aujourd’hui ça allait être compliqué pour eux. Par rapport au match précédent, c’était ça la différence. Contre Aubervilliers, on gagnait peut être des duels aériens mais pas tous, et la comme le prouve la statistique, on les a pratiquement tous gagnés. C’est notre rôle, et c’est ce qui doit se passer à tous les matchs et quelque soit l’attaquant.

« Robert avait insisté sur la solidité défensive »

Comment expliques-tu que l’équipe se soit beaucoup plus livré en seconde mi temps ?

En plus, on a joué à dix la majeure partie de la seconde période. Nous, ce match là, on était vraiment partis pour la victoire. Donc c’est normal qu’en deuxième mi temps, on se soit encore plus livrés parce que dans nos têtes, on était vraiment partis pour battre Ivry, sans calculer, se donner à fond dans toutes les zones du terrain et à tous les postes. Par rapport au match précédent, on s’est plus livrés parce qu’on a moins calculé. Comme nous l’a dit le coach, c’est ce qu’il faudra faire jusqu’à la fin de la saison : moins calculer, mettre une pression à base, jouer à fond et avec nos tripes, et vraiment imposer notre jeu. Et on a vu ce que ça donne lorsque tout le monde entre sur le terrain avec cette idée là. Ça a failli passer samedi, et je suis sûr que si on continue comme ça, ça passera lors des prochains matchs.

Il y a des matchs où l’adversaire n’était pas au dessus de nous, mais on s’est mis en difficulté en faisant des erreurs ou en encaissant un but très tôt dans le match. Après, c’était difficile parce qu’on devait courir après le score et c’était pas évident. Robert avait donc insisté sur la solidité défensive, et ça fait même plusieurs semaines qu’il insiste dessus. Son discours était vraiment axé sur la solidarité dans toutes les zones du terrain. On attaque ensemble et on défend ensemble. Et c’est ce qui s’est passé, on a bien vu que les premiers défenseurs étaient les attaquants : ils ont très bien gênés les relances adverses. Et nous, les défenseurs, on était les premiers relanceurs.

Quel est ton sentiment sur l’expulsion d’Amadi ?

D’où je suis, j’ai vraiment vu qu’il prenait le ballon. Après, c’est vrai aussi qu’il touche l’adversaire. On sait très bien que les arbitres mettent leur carton jaune sur leur poitrine et leur carton rouge dans la poche arrière de leur short. Dès qu’Amadi a fait son tacle, l’arbitre s’est mis à courir avec la main derrière son short. Il ne s’est pas posé de questions et n’a même pas pris un temps de réflexion. Je trouve que l’expulsion est très sévère, parce qu’il touche le ballon, même si c’est vrai qu’il y a un contact. Et puis ce n’est pas un tacle par derrière, parce qu’il le prend sur le côté. Mais c’est comme ça … Je pense qu’un carton jaune aurait été plus logique.

« Un poste à responsabilité »

Peux-tu nous parler de ton poste et de ton rôle sur le plan offensif  ?

Quand l’équipe a le ballon, on est les premiers relanceurs. La première passe est très importante. Généralement, c’est celle qui déclenche tout. Si on arrive à trouver une bonne passe dans un intervalle ou vers l’avant, ça peut déclencher une action de but. Même si on est avant tout là pour défendre, faut pas oublier qu’on a un rôle très important quand on a le ballon. On doit être sans cesse disponible, notamment quand nos latéraux ou le gardien a le ballon, afin de relancer le plus proprement possible. Et même lorsque nos milieux ont le ballon, on se doit d’être disponible en soutien au cas où s’est bloqué vers l’avant, pour faire tourner et essayer de trouver un décalage. Alterner jeu court et jeu long pour perturber l’adversaire.

Et sur le plan défensif ?

Nous les défenseurs, on a une vision globale du terrain et de la position de nos partenaires et de nos adversaires. On se doit de communiquer beaucoup sur le placement de nos coéquipiers par rapport à l’adversaire, au ballon et à l’espace. On se doit de gagner un maximum de duels, et défendre en fonction de son partenaire de la défense centrale. On est les derniers remparts avant le gardien. Que ce soit offensivement ou défensivement, le défenseur central a un grand rôle à jouer. J’aime ce poste parce que c’est un poste à responsabilité. Et puis lorsqu’un défenseur central fuit ses responsabilités, ça se voit tout de suite. Même si de l’extérieur, les postes offensifs sont les plus valorisés.

« Travailler au niveau de la communication et de la relance »

Selon toi, quelles sont tes principales qualités et tes faiblesses ?

Je dois encore travailler sur ma relance. Il faudrait que je sois encore plus propre sur certains match. Contre Ivry j’ai eu très peu de déchets (18 sur 19 passes réussies), mais sur d’autres matchs, j’ai raté un peu plus de passes. A moi de travailler pour essayer de réussir plus souvent des passes qui vont changer le rythme du jeu, qui vont créer des décalages ou qui éliminent des adversaires dans les intervalles. Et puis je dois toujours travailler au niveau de la communication et de la tactique. Pour mes qualités, je pense avoir un bon jeu de tête et un bon placement tactique.

Une question pour les jeunes joueurs mantais qui veulent évoluer en défense central : quelles sont  les qualités nécessaires ?

Un défenseur central doit tout d’abord gagner ses duels avec les attaquants adverses. Il doit donc être puissant et avec un bon jeu de tête. Il doit avoir une très bonne concentration parce qu’on est les derniers remparts, et qu’une erreur ou un oubli peut se payer cash. Il doit être intelligent dans son placement tactique et savoir jouer simple sans prendre trop de risques. Et puis offensivement, il faut qu’il ait une bonne vision du jeu et une belle qualité de relance.

« Je veux gagner les huit derniers matches »

Pour la fin de saison, quels sont tes objectifs collectifs ?

Il nous reste huit matchs à jouer. C’est clair et net que je veux tous les gagner. Après, je ne sais pas ce que ça va donner au niveau du classement. J’espère juste que chaque joueur, et moi le premier, va jouer les huit derniers matchs avec la même intensité et la même intention qu’on a mis samedi dernier. Si on fait ça, je suis certain qu’on ne finira pas tous les matches à 0-0. Pour le classement, on verra ce qu’il en sera en fin de saison.

Quels sont tes objectifs personnels ?

Je suis déjà content de ma saison. J’ai réussi à rejouer sans douleurs,  revenir à un certain niveau même si j’ai encore du travail à faire. J’en ai vraiment bavé pour en arriver là, que ce soit en rééducation ou avec les préparateurs. Donc pour moi, c’est déjà une petite victoire. Après, je suis un compétiteur, j’espère continuer à jouer des matchs de haut niveau les gagner. Mais tout dépendra de mon niveau. Il n’y a rien qui arrivera pas hasard. Si j’ai envie de jouer au dessus, à moi de montrer que j’ai le niveau. Aujourd’hui, je sais pas comment ça va se passer la saison prochaine…

Focus sur les statistiques d’Oumar N’Diaye face à Ivry :

Ballons joués : 29 – Passes réussies : 18/19 – Perte de balle : 1 – Récupérations : 4 – Duels gagnés : 7/8 – Tirs cadrés / Tirs tentés : 1/1 – Faute commise : 0

Propos recueillis par Pierre Demaizière (avec M.T)

Menu